11 mai 2015

Semper viridis

Vivre au milieu des arbres, du vert toujours vert, des oiseaux et de la verdure verte.
Quel bonheur irlandais... ou presque.
Juste pour le plaisir.

semperviridis.blogspot.fr

25 septembre 2014

Joies du jeudi #52


  • Recevoir des amis presque tous les jours. Accepter une invitation inopinée à déjeuner. Rencontrer des gens passionnants, bienveillants, stimulants. Créer des rencontres.
  • Voir de nouvelles possibilités professionnelles se dessiner.
  • Lire les poèmes d'un ami et me demander : comment puis-je l'aider à trouver un éditeur qui lui convienne ?
  • Rêver de beaux yeux couleur de lagon.
  • Respirer lentement, consciemment, voluptueusement.
  • Découvrir des bribes de l'histoire d'inconnus du quotidien.
  • Déguster du chocolat Puerto Cacao.
  • Reprendre pied et désir dans la création collective.
  • Parfois, dire non.
  • Me surprendre à avoir envie d'automne.

10 juin 2013

La catastrophe et le sens

" I found earthquakes, even when I as in them, deeply satisfying, abruptly revealed evidence of the scheme in action. That the scheme could destroy the works of man might be a personal regret but remained, in the larger picture I had come to recognize, a matter of abiding indifference. No eye was on the sparrow. No one was watching me. As it was in the beginning, is now and ever shall be, world without end. On the day it was announced that the atomic bomb had been dropped on Hiroshima those were the words that came immediately to my ten-year-old mind. "

- Joan Didion, The year of  magical thinking


3 juin 2013

Mantra dans la levée des sèves

La tempête passe sur moi
c'est un temps seulement, une montée de lune seulement
la tempête passera et demain, après-demain ou dans dix jours, viendra le calme
Dans la tempête je retrouve ma peau de louve, mon nom d'animal
j'y regarde passer les questions brutales, j'y sens mes nerfs se tendre, il est inutile de lutter
C'est le moment d'écouter la folie, la fureur et la rage
les écouter sans les suivre
Il est possible de pleurer, d'écrire, comme de reprendre goût au jeu
Il est possible de reprendre l'allégresse des plaisirs innocents et gratuits, comme celui qui a faim mange

Karine Rougier
 

Notes éparses

La souffrance ne doit pas rester, ne doit pas être inscrite au risque de trouver à sédimenter en soi.
Qui inscrit la souffrance la choisit ; maintenant je ne note plus que mes interrogations, la gratitude ou l'élan.

Je pense aux mots de Missak Manouchian tels qu'Aragon les a repris :
" Je meurs sans haine en moi  pour le peuple allemand "

On est plus libre et plus fort quand on se déprend des conflits dont la substance loge dans la coque du passé.
De la force du présent vient le raz-de-marée qui inondera tous les doutes.

Me voilà présence et écoute. Le ciel s'ouvre pour laisser passer les pluies d'été.
Mistral.

C'est ce qui se passe à la surface du soleil.

10 mai 2013

Tout est dit

" Il est l'affection et le présent, puisqu'il a fait la maison ouverte à l'hiver écumeux et à la rumeur de l'été, - lui qui a purifié les boissons et les aliments - lui qui est le charme des lieux fuyants et le délice surhumain des stations. Il est l'affection et l'avenir, la force et l'amour que nous, debout dans les rages et les ennuis, nous voyons passer dans le ciel de tempête et les drapeaux d'extase.
 
Il est l'amour, mesure parfaite et réinventée, raison merveilleuse et imprévue, et l'éternité : machine aimée des qualités fatales. Nous avons tous eu l'épouvante de sa concession et de la nôtre : ô jouissance de notre santé, élan de nos facultés, affection égoïste et passion pour lui, lui qui nous aime pour sa vie infinie...

Et nous nous le rappelons, et il voyage... Et si l'Adoration s'en va, sonne, sa promesse sonne : "Arrière ces superstitions, ces anciens corps, ces ménages et ces âges. C'est cette époque-ci qui a sombré !"

Il ne s'en ira pas, il ne redescendra pas d'un ciel, il n'accomplira pas la rédemption des colères de femmes et des gaîtés des hommes et de tout ce péché : car c'est fait, lui étant, et étant aimé.

O ses souffles, ses têtes, ses courses ; la terrible célérité de la perfection des formes et de l'action.

O fécondité de l'esprit et immensité de l'univers.

Son corps ! Le dégagement rêvé, le brisement de la grâce croisée de violence nouvelle !

Sa vue, sa vue ! tous les agenouillages anciens et les peines relevés à sa suite.

Son jour ! l'abolition de toutes souffrances sonores et mouvantes dans la musique plus intense.

Son pas ! les migrations plus énormes que les anciennes invasions.

O lui et nous ! l'orgueil plus bienveillant que les charités perdues.

O monde ! et le chant clair des malheurs nouveaux !

Il nous a connus tous et nous a tous aimés. Sachons, cette nuit d'hiver, de cap en cap, du pôle tumultueux au château, de la foule à la plage, de regards en regards, forces et sentiments las, le héler et le voir, et le renvoyer, et sous les marées et au haut des déserts de neige, suivre ses vues, ses souffles, son corps, son jour. "

- Arthur Rimbaud, Illuminations, Génie

photo Maggie Lochtenberg

17 avril 2013

d'amour

" En cette heure peut-être éprouvai-je de l'amour, l'amour aveugle qui n'a pas besoin de se révéler, qui chante d'un coin obscur et qui, du corps, n'offre que la voix. Si amour est pollen d'un soir de mai qui passe dans l'obscurité d'un jardin, si amour est celui qui ne sait pas même pour qui, alors, une fois, moi aussi. "
 -  Erri de Luca,  Acide, Arc-en-ciel

via Carmen and Ingo

11 avril 2013

Joies du Jeudi #51

  • Offrir à mes plantes une terre nouvelle, promesse de croissance et de fleurissement.
  • Revoir plusieurs amies chères avec lesquelles je n'avais pas eu le plaisir de parler depuis bien longtemps. Faire de nouvelles rencontres réjouissantes. Avoir d'autres belles trouvailles ou retrouvailles en vue.
  • Noter le titre d'un livre, et le trouver le lendemain à la bibliothèque.
  • Voir Séraphine, film qui m'a bouleversée autant que je pouvais l'espérer.

  • Faire des rêves riches et denses. Redécouvrir la vertu d'un sommeil de plomb.
  • Me délecter de vin rouge et de fruits frais.

3 mars 2013

Yang Sheng : nourrir sa vie

"La seule préoccupation que nous ayons à garder à l'esprit, nous qui voulons nous libérer de toutes, nous dit en somme Zhuangzi,  pour laisser épanouir en nous la vie, est de défaire les fixations qui pourraient s'y manifester."
" En Chine, le mal vient seulement du fait que la polarité à l’œuvre ne joue plus, que les grands échanges dynamiques ne se font plus, et finalement que cela ne "passe" plus."

Le sage chinois dit : "J'ai entendu mon maître dire : être apte à nourrir sa vie, c'est comme faire paître des moutons: si l'on en voit qui traînent à l'arrière, on les fouette." (Zhuangzi)
Il ne s'agit pas tant de progresser vers un idéal que de "maintenir toutes ses ressources vitales en développement", ne rester accroché à aucune qualité, se maintenir évolutif et alerte.


2 mars 2013

Pascal et la vie

Pascal : il y a assez de signes pour ceux qui veulent croire, et assez d'obscurité pour ceux qui veulent rester dans la paresse.

Je crois cette pensée largement extrapolable au-delà des questions de foi et de l'existence d'une transcendance.

L'attention est le commencement de l'amour.
L'attention à ce qui contribue à notre bien-être est le commencement de l'amour de soi.

La merveilleuse Sera Beak, prophétesse de la Redvolution

Au centre en soi

Dans l'accumulation d'informations, le tumulte des sollicitations mentales, le principe de mon action doit venir non de cette dispersion, mais de la source en moi de joie, d'amour, de confiance et de beauté pure.
On peut s'offrir le luxe de faire de chaque respiration un acte de foi.
On peut se tenir à la proue de soi-même, sans s'éreinter à courir "après" quelque chose qui nous soit extérieur.

Au centre, il y a peut-être un amandier.


Partir du centre doux et solide, en soi.
Partir de ce qui m'appartient en plein tout en étant le bien commun.

28 février 2013

Joies du jeudi #50

  • Reprendre ces "Joies du jeudi" ... et m'apercevoir que les cinquantièmes m'attendaient.
  •  L'ambiance favorable à la récollection et la reprise.
  • Le plaisir de la mise en page, quand le travail d'écriture est terminé.
  • Les privilèges merveilleux qu'offre le fait de travailler chez soi : préparer des carottes à la vapeur, écouter des créations sonores, nourrir son imaginaire.
  • Les privilèges merveilleux qu'offre le fait de travailler dans un bureau : échanger des sourires, goûter des cookies préparés par une grand-mère américaine, dire « bonne soirée », « rentre bien », « prends soin de toi ».
  • Réveiller mon corps. Rire entre demoiselles pendant un joli moment de troc de nippes.
    Chaque jour, chérir la grâce
  •   Discuter de grandes questions : quel est le niveau de complexité nécessaire pour un personnage de série ? Pour qui écrivons-nous ?
  • Décider que, finalement, je ne veux pas sortir.
  • Aller deux fois au théâtre, d'abord au Rond Point – j'ai surtout apprécié les magnifiques décors polyvalents et mobiles – puis aux Gémeaux pour la dernière mise en scène du génial Declan Donnnellan. Merci à lui pour ce spectacle qui m'a donné l'impression d'en ressortir plus intelligente que je n'étais venue. 
  • Chercher un nom. Être fatiguée mais sérieuse. Rencontrer une femme impressionnante et me dire : je l'admire mais je n'ai pas le souhait d'être comme elle.

28 novembre 2012

Le voyage comme remède à la dispersion

" Le voyage est un remède idéal pour vaincre la tentation de la dispersion qui menace nos vies urbaines. Il offre de revenir à la simplicité de journées tout entières consacrées à s'orienter, se nourrir et entretenir une conversation légère avec la Nature et les hommes. Nulle dispersion possible quand il s'agit de suivre une route. Le recours à la piste allège le fardeau du divertissement. La vie redevient simple. L'énergie retrouve sa voie. Débarrassée des scories qui l'encombrent, des efforts inutiles, des paroles superflues, la vie du voyageur se gonfle de sève. Principe de l'élagage : moins de branches, plus de force pour le tronc. Alors l'esprit concentré peut cheminer le long d'une route unique, et s'exercer tout entier à la plus belle vertu, la plus énergique : être attentif. "

- Sylvain Tesson,  Éloge de l'énergie vagabonde




27 novembre 2012

Transcendance

Tout découle de cette idée, jamais complètement perdue, teintant toujours mes choix et mes croyances, qu'il y a à la vie un double fond.

via www.gabrieldawe.com

Il ne suffirait pas alors de simplement vivre les choses comme elles se présentent, le quotidien mondain, manger, travailler, aimer, se distraire, mais il faudrait mener cette quête de quelque chose vers lequel je n'ai pour me guider ni  nom ni indice.

26 novembre 2012

Inextricabilité

Dans  le bouddhisme, les rubans inextricables signifient quelque chose qui n'en finit pas.

via apictureofit.com

Quitte à être empêtré dans quelque chose qui n'en finit pas, autant que ce soit dans quelque chose de positif.

22 novembre 2012

Information de l'être sans forme

"La consommation des nouvelles et des commentaires dans les journaux  quotidiens ou hebdomadaires, à la radio ou à la télévision, représente une super-production de pensées et d'émotions inutiles. Sans formation, sans préparation, sans étude approfondie, tout le monde a son idée sur tout, en économie, en politique, en diplomatie. Mais personne ne se connaît lui-même, personne ne mesure à quel point il ne se connaît pas lui-même. Chacun chérit ses opinions sur des questions dont il ignore les tenants et les aboutissants et a son idée sur la façon dont il faudrait mettre de l'ordre dans le monde, alors qu'il ne sait absolument pas comment il pourrait mettre de l'ordre en lui-même. La sacro-sainte Information est une immense duperie."
Arnaud Desjardins, Monde moderne et sagesse ancienne (1990)


2 novembre 2012

Déliaison

" Difficulté de mettre à leur place les nouvelles données. Difficulté de la substitution : celles d'avant et leur entourage là depuis tant d'années s'accrochent avec le confort et les astuces de la familiarité. La difficulté de délier est plus grande que la difficulté de relier ; plus longuement emmêlée d'émotion. Que faire ? "

- Henri Michaux

source : Mike Wade

5 août 2012

Musique des premières heures


La musique, maîtresse des états d'âme, guide l'émotion labile et molle. Il y a cette autre sagesse qui recommande de ne pas lutter contre ses états d'esprit mais de les accompagner - sous l'injonction de la musique endolorie, écouter la part de soi qui geint de son arrachement. Dans le décalage des premières heures du jour, là où nos perceptions sont à la fois émoussées et plus cruelles, où notre être se fendille dans la solitude du réveil, la violence de s'extraire du sommeil... nous voilà au bord du précipice qui nous sépare de nous-mêmes, de ce monde, de ceux que nous pourrions aimer. Cet état-là est aussi vrai que l'élan vital qui nous enfle quand la musique sait pulser et rendre l'instant à son versant d'évidence. 


4 mai 2012

Joies du jeudi #49

* Passer 24h à Marseille et y trouver, outre l'incroyable lumière de Provence, des noms connus ouvrant des portes de poésie (le Vieux Port, la Bonne Mère, la Belle de Mai...). J'ai un peu retrouvé dans une moindre mesure le même sentiment qu'à New York, d'entrer dans une ville largement fictionnalisée, une ville de littérature et de cinéma (entre Pagnol et mes rêves de Méditerranée...).


* Tomber à la faveur du Beau Hasard sur un livre très drôle écrit par un vieil ami.

* Boire de la bière dans le train. Manger seule un excellent petit déjeuner d'hôtel. Jouir d'un calme rare. Silence, épurement, solitude. Bien.

* Recevoir des nouvelles de gens chers à mon cœur.

* Héberger des roses splendides et du lilas parme, contre faveur d'embaumement.

* Avoir une chance merveilleuse.

* Faire la fête avec des gens beaux, sympathiques et stimulants. Me repaître les yeux de couleurs, de paysages mystérieux et de belles chaussures.

Irregular Choice

* Rêver de fêtes berlinoises (la nuit) et de voyages futurs (le jour).

* Faire ce que j'ai à faire et voir l'horizon se dégager pour d'autres envies.

14 avril 2012

A mi-chemin...de l'artiste


J'ai du mal à croire que j'en suis déjà à la semaine 6 du programme de Julia Cameron. Je vais néanmoins mon petit bonhomme de chemin, c'est le cas de le dire… Je continue à tricher un peu et à ne pas suivre les directives à la lettre, mais le peu que je fais me met déjà dans un excellent état d'esprit, et je sais que si j'ai dix minutes de trajet à tuer, j'ai toujours de petits exercices sous le coude pour m'occuper à bon escient.


* Je me suis bien reprise en main pour les 3 pages du matin. Les vacances étaient bien pratiques pour les faire le matin tranquillement, d'autant plus que mon compagnon était un excellent soutien ; maintenant que j'ai repris le collier, les pages sont pour moi l'occasion de faire une pause dans la matinée.


* Je n'ai pas suivi la semaine de "privation de lecture" ordonnée par Julia, parce que c'est en contradiction avec un de mes objectifs personnels depuis deux ans : non pas arrêter de fuir dans la lecture, mais au contraire me remettre à lire régulièrement et si possible quotidiennement. J'essaierai peut-être à l'occasion de passer une semaine sans rien lire du tout (même pas en ligne), mais j'aimerais d'abord redevenir une vraie lectrice.


Il n'y a pas d'âge pour faire joujou




 * Côté "Artist date", je suis un peu dans les choux. Est-ce que partir en vacances, ça compte ? J'ai beaucoup joué, me suis beaucoup nourrie de ce que je découvrais (et beaucoup nourrie tout court d'ailleurs), mais je n'ai pas vraiment réservé de temps pour faire quelque chose toute seule. Je dois d'ailleurs (cela fait partie des exercices de la semaine 4) me planifier une journée entière d'"artist date". C'est encore en réflexion. Cette semaine, j'ai pris le temps (et beaucoup de plaisir) à fabriquer des paquets cadeaux avec des images de presse.


* Synchronicités et belles choses ponctuent toujours mon quotidien. Magie !

31 mars 2012

Qu’est donc ma vie devenue ?

Le noir. Le calme. Le silence. Je ferme les yeux et j’aspire au trou noir. Rien. Personne.
Je ne demande pas grand-chose, juste un peu de temps, juste un peu d’attention. J’ai été écrasée par la machine comme on écrase les données, effacée du disque dur, balayée d’un coup de souris. J’ai piétiné mes traces, je deviens transparente, je m’évanouie de la surface des choses. On ne me voit ni ne m’entend. Je n’existe plus.
Je rêve d’être très très loin, dans un autre monde de fantaisie. Je vois l’océan, les voiliers, la montagne et les fougères. Là-bas la lumière tombe du ciel, les légendes s’incrustent sur les maisons et les histoires sont dans la peau. Le guerrier lutte dans un combat égal où la nature et la nuit le provoquent et le protègent.
Et sur mon bureau en faux bois, sous des néons artificiels, je respire les solvants en tapant sur du plastique. A l’intérieur, je meurs.
(Caroline)

29 mars 2012

Le chemin de l'artiste...semaine 4 ? vraiment ?


La discipline... Faire des gammes, des longueurs, du petit latin, la vaisselle après avoir mangé, des abdos - tout cela m'a toujours paru extrêmement difficile. M'astreindre à faire une même chose quotidiennement ou même régulièrement, j'ai beau savoir aujourd'hui (je dis bien savoir et pas seulement croire) que c'est la voie de tout progrès, je n'y suis vraiment arrivée que pendant quelques mois, lorsque j'avais commencé à vider mes vieux carnets sur Tumblr, et je bénéficiais là d'une double facilité : c'était quelque chose qui me plaisait, avec une gratification immédiate (un billet publié = un résultat concret), et je rendais des comptes à Marc, qui est un vrai coach et un vrai ami.
J'ai su tout de suite, lorsque je me suis lancée dans la lecture (censément) active de The Artist's way que n'en parler à presque personne et suivre le truc dans mon coin me rendrait d'autant plus ardue la discipline quotidienne devant accompagner le programme.

Prends soin du Mogwai qui est en toi

 Où en suis-je aujourd'hui, théoriquement au milieu de la 4ème semaine ?
  • J'ai écrit mes 3 pages du matin avec de plus en plus de régularité sur toute la semaine 2 et  le début de la semaine 3. Pas toujours le matin, pas toujours 3 pages complètes. Si quelque chose m’interrompt, je donne la priorité à l'interruption. Une page de plus ou de moins me dis-je, ça ne change pas grand-chose. Et là, je me rends compte que je n'ai pas poursuivi l'exercice depuis samedi dernier, soit depuis le début de mes vacances. Je ne m'en étais même pas aperçue. J'aurais pourtant largement pu utiliser des trajets de train ou de métro pour m'y atteler (je n'ai pas envie de le faire au réveil, à moins que l'on me démontre que c'est vraiment le moment idéal), mais j'ai tout bonnement oublié. Pourtant, la conscience du "chemin" de Julia n'a jamais cessé de m'accompagner. J'ai le sentiment de rester dessus. C'est un état d'esprit avant tout, isn't it ?
  • D'ailleurs, je profite avec allégresse d'un retour en force de belles synchronicités dans mon quotidien. J'ai même fait un rêve prémonitoire (sur un thème artistique qui plus est). La vie m'a apporté sur un plateau l'exercice parfait pour me remettre à écrire de la poésie. Du coup je profite et ne m'inquiète pas trop de gâcher le parcours avec mon laxisme de cancre.
  • Mon "artist date" de la semaine 3 : flâner deux heures dans le quartier des Batignolles en profitant du calme ensoleillé de ce printemps mirifique. Manger une grosse crêpe sur un banc. Lire le nom des fleurs.
  • Mon "artist date" de la semaine 4 : lire dans le train pour le Havre le premier volume des Brèves de comptoir, qui m'ont réjoui le cœur. La préface est superbe, et il y a dans la démarche, dans ces petits éclats pris au réel quelque chose qui me touche profondément. Rendre au monde sa beauté. Lui dire : j'ai remarqué. C'est pour cela que aussi que j'aime tant la photo et les croquis sur le vif.
  • Concernant les divers exercices proposés par Julia, ce n'est pas vraiment brillant. J'en ai fait quelques uns par écrit mais pour la plupart, je me suis contentée d'y réfléchir (pour ne pas dire d'y rêvasser). J'ai toujours de plus ou moins brillantes raisons de ne pas les faire strictement : soit je les ai déjà faits par le passé ou ce sont des réflexions que je mène déjà naturellement au quotidien depuis quelque temps (typiquement, sur les gens desquels il est bon de s'entourer ou pas), soit je ne me sens pas vraiment concernée. Bref, heureusement que le bouquin est à moi, je me réserve la possibilité de retourner y jeter un œil plus tard, qui sait.
  • Nous sommes déjà jeudi et je n'ai même pas lu le chapitre sur la semaine 4 ! Là aussi j'ai une excuse : je suis en vacances et ça brouille ma perception du temps. En plus je suis déjà débordée et je pars demain en voyage. M'enfin. Bon, je le lirai tout à l'heure.
la vie imite la mode bien plus que la mode n'imite la vie

22 mars 2012

Extension du domaine de la vie

Lu aujourd'hui sur le savoureux blog Absofruitly :

"J’aime bien me rendre compte que mes goûts évoluent, j’ai la sensation d’avancer dans la vie. J’ai ainsi découvert qu’après des années de haine farouche, j’adore à présent le gingembre servi avec les makis. Alors que quand on regarde le truc objectivement c’est piquant et rose, et ça a un arrière goût de savon. Je me sens supérieure à ceux qui n’aiment toujours pas : j’ai l’impression d’avoir compris un truc hyper complexe."

Le premier gif animé de ce blog. On va mettre ça sur le compte du retour à la mode des années 90.


Un jour, j'aimerai la Guinness et peut-être même les ris de veau. Je pourrai écouter du Mahler ou lire du Claude Simon.

14 mars 2012

Le chemin de l'artiste, pourquoi pas ?

J’ai sauté le pas. Un an après que Caroline m’en a parlé, après que Laetitia a partagé cette expérience étonnante sur son blog et m’a encouragée à m’y engager à m’en tour, j’ai commandé le best-seller de Julia Cameron, The Artist’s way, pour suivre avec beaucoup de curiosité et d’esprit ludique son programme de remise en jeu de la créativité. Contrairement aux personnes qui s’inscrivent aux stages de Julia, je n’ai pas entamé la lecture du livre à un moment où je me sentais bloquée artistiquement, mais presque, à l’inverse, au moment où mon spectacle Je Vous écris d’un pays lointain (sans doute le travail le plus personnel que j’aie eu la chance de faire au cours de mes aventures théâtrales) était porté à la scène – autant dire : à un moment d’épanouissement créatif total. Mais peut-être appréhendais-je justement la redescende, le moment de creux après la bonne tempête ; ou avais-je été mise en appétit de création par les derniers préparatifs. Et pour être honnête, j'ai très peu écrit de poésie ces trois dernières années, presque pas dessiné, et beaucoup rêvé devant la créativité des autres.
Robert Crumb et sa muse

Toujours est-il que me voilà aujourd’hui au milieu de la deuxième semaine d’un parcours en douze étapes (vous trouverez le détail ici), et que ressens d’une part un élan très fort, presque inédit vers la part artistique de ma vie (le simple fait d’acheter ce livre était déjà une façon de reconnaître que oui, créer est bel et bien ce qu’il y a de plus important pour moi, ma raison d’être oserais-je avouer) – et d’autre part, une grande paresse face aux nombreux exercices demandés par Mrs Cameron.

Par rapport à d'autres lecteurs que je connais, je suis probablement mois agacée par le discours assez mystique de Julia (parce que je suis moi-même portée par un certain mysticisme, et parce que je suis habituée à lire des blogs américains un peu perchés). En revanche il y beaucoup de pages superflues me semble-t-il, beaucoup de texte écrit pour faire du volume (peut-être son éditeur la payait-il au nombre de signes?). Et étant curieuse de coaching et de développement personnel depuis déjà plusieurs années (le temps passe vite ! il n’y a qu’à consulter les archives de ce blog pour en prendre conscience), je me retrouve en terrain familier avec un certain nombre de ses propositions. ...D’excellentes mauvaises raisons pour me montrer paresseuse me direz-vous, et parcourir le livre en traitant la plupart des tâches proposées par-dessus la jambe.
D’où l’idée de venir en parler ici, comme les autres l’ont fait avant moi.


Où en suis-je donc ?
-          Un des outils essentiels proposés par Julia Cameron, le plus important semble-t-il, est les « morning pages » : 3 pages d’écriture automatique à faire quotidiennement au saut du lit, pour vider sa tête trop pleine des préoccupations qui l’encombrent et pouvoir la remplir avec autre chose. Ce qui est sûr : j’ai noirci 3 pages de carnet tous les jours ou presque, mais jamais au saut du lit. J’ai des choses beaucoup plus importantes à faire à ce moment-là. ¾ d’heure plus tard, je ne dis pas.
-          Autre outil, beaucoup plus réjouissant je trouve : l’ « artist date », un rendez-vous avec son artiste intérieur, qui est un grand gosse, et apprécie donc qu’on lui propose des activités futiles ou inédites. La semaine dernière, je me suis longuement promenée dans le cimetière de Chantilly (réflexions subséquentes à venir sur cet autre blog auquel je participe). Et aujourd’hui, j’ai regardé la couleur des sacs à main au rez-de-chaussée des grands magasins du boulevard Haussmann, pour voir si le fluo était vraiment au top de la mode. Je me suis acheté une paire de lunettes de soleil bon marché et très drôles (pour moi les montres et les lunettes de soleil doivent être bon marché et drôles). J'ai rêvé de composition florales chez Trousselier.
-          Je n’ai pas du tout fait la majorité des tâches de la semaine 1, lesquelles tournaient essentiellement autour du fait de combattre les démons qui dans notre enfance avaient bridé notre créativité. En revanche, y réfléchir m’a permis de me rendre compte que j’étais extrêmement bien entourée depuis longtemps, et que mes proches étaient pour beaucoup dans l’importance que j’accordais à l’art et à la créativité en général. En revanche, l’amateurisme éclairé étant quelque chose de très ancré dans mon histoire familiale, pourrais-je assumer de ne faire « que » créer ? Au final, cette première semaine a été essentiellement consacrée à exprimer ma gratitude. Je pense que je vais continuer.
-          Un exercice amusant : lister des vies que je voudrais vivre. Et essayer de les vivre, par petits bouts, à l’intérieur de cette vie-ci. Les circonstances des représentations de théâtre étaient très favorables pour moi, j’ai pu chanter, danser, monter sur scène… et après avoir accompagné une amie essayer des robes de mariée, avoir moi-même essayé d’en dessiner une, chose que je n’avais pas faite depuis très longtemps (« styliste » faisait partie de mes vies rêvées étant enfant). Il m’en reste 2 à vivre cette semaine, je ne sais pas encore quoi choisir.

illustration du génial MyDeadPony

A suivre !

1 mars 2012

Nourrir

Nourrir le centre duquel je peux rayonner :
Joie, amour, bienveillance, compassion, OUI ET, sens du jeu, sens de la fête, enthousiasme, don, attention à l'harmonie cosmique.
Nourrir ce qui en moi est santé, aisance. Appréhender les choses de l'intérieur, pour mieux avancer parmi elles.

24 février 2012

Joie du jeudi


La joie rayonne calmement, de mon plexus vers l'extérieur, portée par chaque respiration. Je me réveille, pas forcément très bien - la migraine, les rêves troubles - et pourtant la voici, la joie, pour m'accueillir, me souhaiter la bienvenue dans cette nouvelle journée à vivre. Mon appartement tout décoré de neuf, presque rangé, qui a enfin l'air d'être habité. Un cake au cédrat confit qui m'attend. Un pantalon que je n'ai pas porté depuis des mois. L'air doux de la fin de saison. Des chansons de Noir Désir que je redécouvre. Le plaisir de marcher dehors, un peu d'humidité sur le visage, les mains à nu. La fluidité de la circulation des piétons sur le boulevard. Le métro familier. Redécouvrir l'extérieur. Un cycliste saoul qui m'interpelle en riant. Les artisans de la rue Riquet qui écoutent du gros rap dans leur camionnette. Un couple de punks. La beauté un peu brute des voies de chemin de fer empâtées dans les derniers nuages du matin. Le visage avenant des collègues. Partager des choses que j'aime avec des personnes que je côtoie sans les connaître : je ne suis pas musicienne mais je porte dans mon dos un dulcimer. Recevoir des livres, un sur lequel je vais avoir le plaisir d'écrire, et un "livre dont vous êtes le héros" de la créativité nouvelle. Penser à mon amis Mathias qui pendant que je dormais a dessiné les personnages d'une nouvelle que j'avais écrite pour lui. Penser que j'ai, dans un tiroir de ma chambre, des centaines de perles de toutes couleurs que je prendrai, un jour, plaisir à assembler, avec une amie chère ou ma cousine à mes côtés.

9 janvier 2012

Le oui et le non


"Si on ne peut pas dire non, on ne peut pas dire oui."

"Lorsque nous descendons vers la frontière où la conscience corporelle touche à l'inconscient nous prenons conscience de ce que l'inconscient est notre force, alors que la conscience est notre gloire. Nous sentons l'unité de la vie, et nous réalisons que la signification de la vie est la vie elle-même. Nous pouvons même descendre plus bas et permettre à l'inconscient de nous envelopper comme dans un sommeil magnifique ou un orgasme extatique. Nous nous trouvons alors rénovés dans les sources profondes de notre être, et nous pouvons nous lever pour une nouvelle journée avec une conscience rehaussée, qui n'a pas besoin de s'accrocher à sa lumière éphémère par peur du noir."
 
Dr Alexander LOWEN
 La Bio-Energie

6 janvier 2012

Rémanence

Lorsqu'il partait, se creusait dans mon âme un gros trou de tristesse, d'une tristesse mortelle. Puis elle s'apaisait. Nous échangions quelques textos et cela suffisait à recréer un sentiment de présence.
Il m'appelait toujours en rentrant chez lui.
Tous les soirs, je lui souhaitais une bonne nuit, par écrit, exactement à l'heure où j'étaignais.
J'ai fait cela pendant cinq ans.
Je crois que ma peine, lorsqu'il partait, plus dure au fil des années, était la préfiguration de sa mort, comme un motif déjà tramé avant d'être réellement donné à sa pleine mesure.
Il me manque encore aujourd'hui, j'en prends conscience dans le refus car c'est une pensée inacceptable. Je sais combien être passée à autre chose est pour moi une chance, en même temps qu'un parcours évident. Je n'aime plus les phrases de roman facile comme je n'ai jamais aimé que lui, car il y a là beaucoup de tromperie, j'ai suffisamment aimé après lui pour le savoir. Mais jamais de cette exacte façon. Et quand l'osthéopathe me dit "vos émotions sont bloquées, vous devez savoir pourquoi", je pense fatalement que peut-être ce que j'ai vécu de drame a laissé sa marque en moi, dans la recherche aussi d'une vie calme et sans heurts, dans la fermeture de mon cœur aux grands élans. Certains mots restent difficiles à utiliser après lui. Je n'écris pas "à tout jamais", car je sais bien pour avoir été à moi-même infidèle, que de "tout jamais" il n'y a point.
De cet amour impossible, vécu pour être impossible, dois-je garder seulement que "c'est fait", la passion romanesque n'est plus sur ma feuille de route… ou au contraire pour lui être fidèle, d'une manière dont il eut pu être fier, me tenir heureusement en vie. Vivre surtout à l'écoute de cet élan en moi, sincère et entier, qui me lia à lui si longtemps qu'il pourrait m'y lier encore, si la mort n'était venue prendre sa part.
Je n'ai pas exactement oublié, même si je ne vois pas aujourd'hui à quoi me serviraient pour vivre certains souvenirs.
Je ne suis pas celle que j'étais à 19 ans, et pour l'essentiel, tant mieux. Mais quand mes rêves me font voler au-dessus d'une plaine bocagée, ou recueillir un lièvre blessé, je suis bien la même à tout âge, silencieuse et concentrée, aimante, tendue, libre.
"Un clou ne chasse pas l'autre.", disait-il.

Joies du jeudi #48

 * Rêver qu'un ange gardien me réapprend à voler, et que je m'élève, très haut, au-dessus des buissons d'épine et du vert des champs.


* Vivre un dimanche remarquable par son caractère dominical.

* Cuisiner un rôti familial et du porc masala.

* Manger des huîtres.

* Savourer un bon petit vin bio du pays d'Oc avec un époisses et du pain frais.

* Rencontrer, au moment de basculer dans l'année nouvelle, une femme libre, curieuse et passionnée, au beau nom de commencement.

Merci à la vie pour ce bel appel, cette belle surprise, et cette envie de la suivre au Caire, où mon enfance à encore sa maison.

Oh ! Femme future
Tous ces trésors
Le corps en aventure
Elle s'endort


(désolée pour la référence kitsch ; la coiffure de Julie Pietri est monstrueuse dans le clip, mais vous noterez que le décor est complètement dans le thème)

* Faire un tour au Panic Room avec des amis.

* Dire la vérité.

* Faire. Me remettre le pied à l'étrier.

* Intégrer de nouvelles recrues dans mon projet de spectacle.

* Dormir profondément.

* Me faire les ongles en arc-en-ciel.


* Voir une excellente adaptation théâtrale de L’Écume des jours de Boris Vian, un autre de mes amours d'enfance !
Dommage, c'est fini…mais je vous conseille de suivre les mise en scène de Béatrice de La Boulaye.

Je voudrais pas crever
Avant d'avoir connu
Les chiens noirs du Mexique
Qui dorment sans rêver
Les singes à cul nu
Dévoreurs de tropiques
Les araignées d'argent
Au nid truffé de bulles
Je voudrais pas crever
Sans savoir si la lune
Sous son faux air de thune
A un coté pointu
Si le soleil est froid
Si les quatre saisons
Ne sont vraiment que quatre
Sans avoir essayé
De porter une robe
Sur les grands boulevards
Sans avoir regardé
Dans un regard d'égout
Sans avoir mis mon zobe
Dans des coinstots bizarres
Je voudrais pas finir
Sans connaître la lèpre
Ou les sept maladies
Qu'on attrape là-bas
Le bon ni le mauvais
Ne me feraient de peine
Si si si je savais
Que j'en aurai l'étrenne
Et il y a z aussi
Tout ce que je connais
Tout ce que j'apprécie
Que je sais qui me plaît
Le fond vert de la mer
Où valsent les brins d'algues
Sur le sable ondulé
L'herbe grillée de juin
La terre qui craquelle
L'odeur des conifères
Et les baisers de celle
Que ceci que cela
La belle que voilà
Mon Ourson, l'Ursula
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir usé
Sa bouche avec ma bouche
Son corps avec mes mains
Le reste avec mes yeux
J'en dis pas plus faut bien
Rester révérencieux
Je voudrais pas mourir
Sans qu'on ait inventé
Les roses éternelles
La journée de deux heures
La mer à la montagne
La montagne à la mer
La fin de la douleur
Les journaux en couleur
Tous les enfants contents
Et tant de trucs encore
Qui dorment dans les crânes
Des géniaux ingénieurs
Des jardiniers joviaux
Des soucieux socialistes
Des urbains urbanistes
Et des pensifs penseurs
Tant de choses à voir
A voir et à z-entendre
Tant de temps à attendre
A chercher dans le noir

Et moi je vois la fin
Qui grouille et qui s'amène
Avec sa gueule moche
Et qui m'ouvre ses bras
De grenouille bancroche

Je voudrais pas crever
Non monsieur non madame
Avant d'avoir tâté
Le goût qui me tourmente
Le goût qu'est le plus fort
Je voudrais pas crever
Avant d'avoir goûté
La saveur de la mort... 

Boris Vian

4 janvier 2012

Un ordre de mission

Dans le même ordre d'idée que les intentions de Tara Mohr, je me suis attelée aujourd'hui à la rédaction de mon ordre de mission, et  ma première satisfaction fut de constater que j'avais malgré tout une idée assez claire de mon horizon, même si la façon concrète et quotidienne de faire un pas puis l'autre pour l'approcher n'est pas toujours bien définie.

"I want to learn more and more to see as beautiful what is necessary in things; then I shall be one of those who make things beautiful. Amor fati: let that be my love henceforth! I do not want to wage war against what is ugly. I do not want to accuse; I do not even want to accuse those who accuse. Looking away shall be my only negation. And all in all and on the whole: some day I wish to be only a Yes-sayer."
 
F. Nietzsche
Section 276
The Gay Science